Émulation et mise en scène de soi dans la littérature grecque de l’époque impériale

Champ 2.2 Journée d'études

Cette journée d’étude se propose d’explorer les modalités selon lesquelles les auteurs de cette époque (Ier–Ve s. apr. J.-C.) construisent leur autoreprésentation à travers l’émulation avec d’autres créateurs : sophistes, poètes, artistes – notamment peintres et sculpteurs –, mais aussi devins, qu’ils soient contemporains ou issus du passé.

L’émulation désigne un processus d’imitation concurrentielle, qui suppose à la fois l’admiration d’un modèle et la volonté de l’égaler, voire de le surpasser. Elle permet aux auteurs de l’époque impériale de s’inscrire dans un héritage culturel et d’y trouver leur place. Dans le même temps, les écrivains s’efforcent, par cette même émulation, de contester les autorités établies et de se présenter comme supérieurs à leurs contemporains ou aux figures du passé.

Les termes les plus proches de l’émulation moderne dans les textes grecs se trouvent dans le traité Du Sublime du Pseudo-Longin : ζήλωσις (« émulation, désir d’imiter », 13.2) et ζῆλος (« émulation », 14.1). L’auteur y évoque précisément l’émulation des écrivains du passé. En prenant ce traité comme point de départ, nous proposons d’explorer les mécanismes rhétoriques de l’émulation créatrice, non seulement entre auteurs, mais également à l’égard des arts visuels et des arts du spectacle. L’objectif est de mettre en lumière le caractère dynamique de l’émulation dans différents genres et contextes, afin de mieux comprendre les mécanismes de construction de l’identité d’auteur dans la culture impériale.

Dans cette perspective, divers types de textes seront étudiés : (1) les traités rhétoriques tels que le Traité du Sublime du Pseudo-Longin et les manuels de progymnasmata ; (2) les œuvres des sophistes comme Dion Chrysostome, Euboicos (7.98), Lucien et Aelius Aristide ; (3) les romans ; (4) les écrits de Galien ; (5) la Vie des sophistes de Philostrate ; et (6) les textes philosophiques (notamment ceux d’auteurs situés au croisement entre rhétorique et philosophie, comme Plutarque).

La journée d’étude s’intègre pleinement aux recherches menées au sein du champ 2 du laboratoire : Normes, œuvres, discours, et plus précisément à la thématique 2 : Poésie, rhétorique, argumentation de l’Antiquité au Moyen Âge. La question de l’autoreprésentation engage en effet une réflexion métalittéraire sur les modalités par lesquelles les auteurs construisent leur persona et se situent par rapport à leurs prédécesseurs comme à leurs contemporains au sein de l’espace culturel. En outre, la diversité des corpus envisagés – traités rhétoriques et de théorie littéraire, œuvres sophistiques, philosophiques, médicales ou romans grecs – s’inscrit pleinement dans l’approche interdisciplinaire privilégiée par cette thématique.

La journée d’étude pourrait donner lieu à une publication. Elle constituerait également une première étape vers un projet plus vaste, visant à l’organisation ultérieure d’un colloque consacré à l’émulation et aux formes d’autoreprésentation dans la littérature grecque de l’époque impériale.

Programme prévisionnel : 

9h30 : accueil

9h45 : introduction

10h : première communication (30-35 min. + 5-10 min. questions)

10h40 : deuxième communication

11h20 : pause-café

11h40 : troisième communication

12h20-14h : pause déjeuner

14h : quatrième communication

14h40 : cinquième communication

15h10 : pause-café

15h30 : sixième communication

16h10 : conclusion

18h30 : dîner