Journée d'étude : Παίζειν καὶ γελᾶν Jeu et comicité dans les textes antiques : méthodes et outils d’analyse


Journée d’études organisée par Louise Bouly de Lesdain,

Valentin Decloquement et Anne de Cremoux

Plusieurs chercheurs de notre laboratoire ont affaire à des textes antiques dont le caractère ou la tonalité comiques ou ludiques sont soulignés par la critique, qu’il s’agisse de comédie elle-même ou d’autres genres dont les aspects « ironiques », « joueurs », « drôles », etc., sont reconnus sans faire l’objet d’une définition précise, comme la poésie hellénistique, la rhétorique des époques classique et impériale, etc.

Or en raison de la difficulté fondamentale que pose la définition du comique et du ludique – difficulté philologique, sociologique, philosophique -, les outils manquent pour reconnaître et apprécier ces types d’effets, dont la perception et l’analyse nous semblent rester, dans le fond, subjectives, y compris dans les études récentes sur le rire et le jeu dans les textes antiques.

Pour améliorer nos recherches, il nous paraît donc utile d’entreprendre, avec d’autres chercheurs concernés par ces questions, mais aussi dans une perspective pluridisciplinaire, un cycle d’ateliers méthodologiques visant à affiner les notions et outils liés au comique et au jeu poétique et rhétorique.

La journée envisagée serait ainsi le début d’un ensemble de rencontres dont nous pourrons préciser les contours après cette première expérience (journées annuelles, séminaire, colloque…). Elle sera articulée autour de deux types de questionnements, qui en représenteront deux volets, bien sûr liés :

- premier ensemble, une analyse pratique de textes poétiques et rhétoriques. Comment faisons-nous pour saisir et définir le comique et le ludique, en particulier en-dehors de la comédie ? Comment déterminer qu’un fait littéraire pouvait être perçu comme drôle par le lecteur/auditeur ou le spectateur de l’Antiquité ? Quelle est alors la démarche méthodologique et théorique que nous appliquons à l’analyse philologique, et quels outils, antiques ou modernes, utilisons-nous ? En quoi prenonsnous en compte les aspects historiques et génériques des textes que nous étudions alors ?

- deuxième ensemble, une étude de textes techniques et philosophiques antiques cette fois. En quoi le corpus exégétique transmis par les sources anciennes et byzantines peut-il nous aider à définir les catégories antiques du drôle ? Comment les anciens définissaient-ils et analysaient-ils ce que nous appelons « comique », « ridicule », « ludique », « ironique » ? Les outils qu’ils proposent sont-ils pertinents et transférables pour nos études ?